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L’arc, symbole d’aventure et élément du patrimoine de l’humanité.

Tout enfant a un jour où l’autre fabriqué un arc et quelques flèches pour se risquer dans une jungle imaginaire peuplée de fauves et d’indiens criards. L’arc fait partie de nos souvenirs d’enfance, mais dans notre subconscient il rime avec Afrique noire, Sioux, îles du Sud, tribus sauvages.Rappelons nous les premiers vers du « Bateau Ivre », écrit à 17 ans par Arthur Rimbaud:

« Comme je descendais des fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidés par les haleurs

Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cible

                      Les ayant cloués nus aux poteaux de couleur. »

 Prendre en main un arc, c’est se retrouver un peu enfant et ressentir un léger frisson d’aventure. C’est, je l’espère, le premier sentiment que vous éprouverez en visitant ce musée virtuel de « l’Arc premier » .

A priori, pour tout un chacun, une flèche ressemble à une autre flèche, et tout arc n’est rien de plus qu’un bâton courbé par la tension d’une ficelle . Mais une visite attentive vous amènera à vous étonner de la diversité des objets, à vous émerveiller de leur beauté, de l’ingéniosité des peuples archers qui depuis la nuit des temps, depuis le Mésolithique,(depuis 63 000 ans à Sibudu Cave, c’est confirmé) ont amélioré le couple arc-flèches, de génération en génération, jusqu’à en faire un instrument d’une efficacité souvent insoupçonnée. Il est aussi passionnant d’observer la diversité des matériaux naturels employés, de façon parfois très simple. Les techniques particulières seront mises en évidence par la loupe électronique qui accompagne chaque écran. Des photos anciennes illustrent aussi certains aspects du rôle social que l’arc a joué dans les cultures passées. Tout  montre que l’arc est un des composants essentiels du patrimoine de l’humanité.

Hélas, délaissé au profit des armes à feu, l’arc traditionnel, faits de matériaux hautement biodégradables est mis au rebut et disparaît. Les techniques ancestrales qui ont présidé à sa fabrication sont oubliées ou dévoyées pour la confection d’objets touristiques, piètres arcs « d’aéroport » ou tristes flèches « de décoration ». Il était donc temps de répertorier plus de cent soixante objets authentiques venus de toutes les forêts, les savanes et les déserts de notre planète.

Il m’a fallut un important travail de recherche dans les musées, chez les collectionneurs privés, pour faire des comparaisons, de nombreux documents anciens m’ont aidé, de la photographie aux descriptions contenues dans les relations de voyage, les études ethnographiques ou les journaux des missionnaires. mais la très grande majorité des objets étudiés ont été déterminés, parfois avec précision, parfois uniquement avec une origine géographique. Les origines n’ont été définitivement établies qu’après recoupements de plusieurs indices. Elles me semblent donc assez fiables.

Les Ethno-toxophiles (de Toxon τοξον, arc en Grec) se réunissent en congrès tous les trois ans, en 2011 au Musée-muséum de Gap, puis en 2014 au Musée de l’Archerie de Crépy-en Valois. Merci aux généreux organisateurs qui ont permis et permettrons ces colloques fructueux.

Dès 1898, Hermann Meyer (« Bogen und Pfeil in Central-Brazilien ») remarquait qu’aucune étude ethnologique de l’arc n’était possible sans une connaissance irréfutable de l’origine des spécimens. Mais, aussi que dans le domaine de l’identification des arcs et flèches, même les plus grands musées étaient amenés à faire des erreurs. Souvent parce que les cartels d’origine avaient été mélangés ou parce que les voyageurs qui avaient rapporté les objets avaient reçu de mauvais renseignements, de la part des intermédiaires Naturels qui les avaient ramenés, les objets ayant auparavant déjà voyagé dans les pays d’origine. Meyer note  toutefois que la comparaison de plusieurs lots de spécimens peut contribuer à rétablir une détermination fiable. Nous avons aussi noté que des objets de même provenance (masques,outils poteries) pouvaient aider à l’identification, ainsi que certaines cartes postales et photographies anciennes.

Musée des Arcs Premiers, musée régional de préhistoire,rue Lorédan-Larchey 06500 MENTON.

Donc, si vous pensez qu’il y a une erreur, n’hésitez pas à me contacter:  sun.mail@wanadoo.fr

Vous pouvez pointer l’image pour avoir la loupe, et cliquer une fois , pour l’agrandir plein écran. 

Alain Sunyol,

chercheur associé au Musée régional de Préhistoire de Menton;

membre de l’Institut de Préhistoire et d’Archéologie Alpes-Méditerranée (IPAAM)

Member of the SOCIETY OF ARCHERS ANTIQUARIES  and of the ARCHERY COLLECTORS’ GUILD

.         Any entry of interest for the reader can be translated in English on request by e-mail.

sun.mail@wanadoo.fr

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Détermination de carquois et flèches au Musée des Confluences à Lyon;

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